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Souvenir quand tu nous tiens...

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Mes amis poètes, peut-être suis je hors sujet, mais, j'ai envie de vous conter un souvenir d'enfance, d'une enfance buissonnière.

La guerre était sur le point de se terminer et mes parents, ainsi que mes oncles et tantes, avaient jeté leur dévolu sur la location d'un cabanon où nous pouvions nous mettre à l'abri, car la ville était soumise à des bombardements.

Ce n'était pas plaisir reçu, d'accéder à ce cabanon, mais , plutôt un plaisir conquis.

Nous prenions le tramway, depuis la ville de la Ciotat, du lieu dit l'Escalet, qui nous conduisait à un arrêt dit : Saint Hermentaire. Du haut de mes sept ans, je me demandais qui était cet obscur Hermentaire, et j'appris bien plus tard que ce personnage fut évêque au cinquième siècle et la légende dit qu'il aurait terrassé un dragon ailé qui menaçait la ville de Draguignan.

 


Il fallut que celà fût dit.

Nous débarquons de ce tramway ,et nous voilà partis sur les sentiers fleuris, qui mènent vers notre petit paradis.

Chemin faisant, nous longeons la propriété de monsieur Boiteux, éleveur de cochons, dont un de ses fils se rendit célèbre en remportant les jeux Olympiques de natation.

Bien sûr, le chemin n'étant pas goudronné, le parcours m'était pénible, mais tempéré

par le  plaisir de retrouver notre cher cabanon.

Nous longeons la propriété de monsieur Clergue, et des figuiers tendaient leurs branches lourdes de fruits, nous laissant aller à en chaparder quelques uns, tout en nous méfiant d'une possible apparition du propriétaire des lieux, dont on disait qu'il avait une carabine à sel et qu'il visait volontiers, la partie la plus charnue des voleurs de figues.

 Nous voici arrivés, après quelques méandres, dans la dernière ligne droite qui mène

vers l'imposante bâtisse . Ce dernier morceau de sentier est bordé de fleurs sauvages. Devant la bâtisse, un foudre important, en état de délabrement, dont la présence resta inexpliquée, des roses trémières et une porte d'entrée dont mon père ou mon oncle détenait  la clef.

Voilà que la grosse clef tourne avec un grincement qui laisse présager un futur bain d'huile anticorrosion.

Mon oncle François pousse l'huis et nous pénétrons dans une grande pièce, où nous sommes surpris par la fraîcheur qui contraste avec la chaleur estivale, et pour cause, dans cette pièce, règne, majestueuse, une citerne.

Par quel miracleson eau est-elle d'une fraîcheur incomparable, je ne saurai le dire, mais les adultes y plongent les boissons, telles que le vin, l'eau minérale et la délicieuse limonade Phénix, ainsi que la bière de même marque.

Les jours fastes, les enfants ont droit à un panaché édulcoré, tandis que les adultes sirotent un pastis, en clignant des yeux de bonheur ou de gourmandise.

Ces sympathiques libations ont lieu sous une pergola, qui nous tient à l'abri des ardeurs du soleil.

Accroché sur un poteau de bois, un miroir à trois faces, où  je vois successivement, mon père Jean et mon oncle François, se mirer, et se transformer en pères Noël débonnaires sous l'effet du blaireau et de la mousse.

Cependant , je suis un peu inquiet quand je les vois redonner le fil à leur rasoir en le passant sur un cuir tendu.

J'oubliais de vous dire, à l'étage se trouvait une grande chambre où gisaient quelques vieux matelas, qui nous accueillaient parfois, pour une sieste digestive.

Nous voici installés dans la noble masure, et avec mes cousins cousine , tels une volée de moineaux, nous partions dans la colline toute proche, en quête de trésors.

Les terres qui avaient été abandonnées après des cultures ancestrales s'étageaient en restanques, mais rien n'y poussait depuis longtemps .

Nous y découvrions avec délice des traces de vie, quelques lapins de garenne y avaient élu domicile, et lorsque nous trouvions quelques petites crottes, nous éclations de rire car mon cousin plus âgé, donc plus savant, nous assurait que leur véritable nom était : "des pétoules"......

Quand venait le temps des champignons, petits et grands partions à la cueillette.

Comme le pin dominait, on trouvait surtout des lactaires délicieux que nous baptisions safranés ou sanguins.

En contrebas des restanques , un amandier majestueux prenait une place importante, et un écureuil roux y logeait sans vergogne, sans avoir une seule fois demandé à payer le loyer.

Mais remontons à présent devant le seuil de notre cabanon . Un figuier donnant des fruits noirs aux plus beaux jours faisait notre délice. François y avait installé une balançoire. Bien sûr, ma cousine , seule représentante du sexe dit "faible", s'y installait, et nous de pousser l'escarpolette !

Quand nous la poussions trop vivement, notre cousine lançait des cris d'orfraie, ce qui nous valait une apparition tempétueuse de ma tante, accompagnée de quelques noms d'oiseaux que la morale réprouverait.

Notre grand mère maternelle était avec nous , les belles sœurs , tour à tour, en assuraient la garde.

il faut vous dire, que cette aïeule, qui avait pour nom, Marie Grâce, était née en Sardaigne, dans les années 1862. Au moment où je vous narre cette histoire, elle avait 84 ans.

Lorsque le rugissement des avions ce faisait entendre, nous étions tous apeurés, alors que notre grand mère restait plantée là, le nez au vent, nous assurant dans sa langue natale : "ils viennent pas pour nous, ils passent loin".

Pour expliquer cette peur, il faut vous dire, qu'à vol d'oiseau la voie ferrée était proche de notre cabanon, et nous pensions qu'elle risquait d'être bonbardée.

Voilà, mes souvenirs s'estompent dans les brumes de ma mémoire, mais quelquefois, dans le silence douillet de mon appartement, me reviennent en mémoire les noms des chers disparus.

A Rose, Catherine, Jean, François, Pierrette, Marie, Tony, et d'autres encore,vous êtes à jamais dans mon cœur ❤️.

Chers Amis poètes, merci de m'avoir lu, je vous laisse une page blanche, montrez moi tout votre talent.

 

 

 

 

 


Note : "

L'ensemble du texte de Antoine est aussi dsponible en format pdf ICI.

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    alhazen
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    alhazen
      Posté : 28-04-2017 18:21

    Une clef ! On se prend à relire l'épisode d'un portail dérobé qui mène par un sentier interdit, un raccourci, vers le cabanon ! Point de garde dans ton récit qui mérite de se poursuivre. On te relira avec plaisir et on reliera ton essai à la fin !

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