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Baleine et capelans

Écrit par alhazen. Posté le Lundi 05 mars 2018 @ 20:11:25 par cyberprof

Rire comme une baleine !
Que voilà une jolie expression, faut-il y voir dans la comparaison avec la baleine l'explosion sonore et gargantuesque d'un rire dont l'énormité cherche un point de référence dans la gent animale ?
Sans doute ou peut-être simplement. Vous remarquerez d'ailleurs que 'sans doute" a perdu son sens abrupt de certitude pour regagner celui de probable. Alors probablement un rire sonore et dévastateur
peut prendre appui sur la taille imposante de la baleine !
Mais dans l'autre sens une baleine a-t-elle un rire énorme ? Faut-il y voir l'image de ce cétacé, tête sortie de l'eau, fanons à l'air toute bouche ouverte et riant, comment dire, à "gorge déployée". A moins que
les jets puissants par son évent n'aient fait allusion aux expectorations humides d'un fou-rire irrépressible.
La dernière hypothèse reposera sur les aventures d'un Jonas, lequel se paye plus d'un pot de rire à l'intérieur d'une baleine.
Reste à choisir et tirer le fil qui saura vous faire rire comme une baleine.

Il pleut des capelans et des belles-mères.
Cette expression météorologique va bien dans la région méditerranéenne où la pluie est souvent attendue avec espoir et une fois installée, est signifiée comme une catastrophe qu'il convient d'arrêter
au plus vite. Pas de plus bretonnantes et crachotantes, mais le bon déluge qui transforme les ruelles en torrents. Un ciel noir comme l'enfer, des éclairs, du tonnerre, un soupçon de grêle, bref de quoi faire
 penser à la soutane noire comme la nuit d'un capelan et à ses sermons, toujours assommants, qui tombent sur la tête des fidèles penaudement assemblés à écouter l'homélie qui vient du ciel. Quant aux belles mères
on en connait le poids dans le couple, devenu image d'Epinal, où elle veut régenter la vie de sa fille ou de son fils tout en s'occupant de celle de son gendre ou de sa bru.
Alors s'il pleut des capelans et des belles mères, mettez-vous à l'abri !



Maintenant voyons cette drôle d'histoire.


voragine.jpg

Le village attendait avec impatience la journée du saint patron de la commune. L'été avait encore battu des records, une chaleur de four, les oliviers avaient la pépie, les ruisseaux étaient à sec, le maquis se désolait et avait figure comme le cul d'un pauvre, les puits sonnaient le vide dans les vignes et les raisins portaient des grains comme ceux du café, aussi noirs mais aussi minuscules.
Alors il fallait attendre la sortie de Saint Quinis de l'église, grand pourvoyeur de miracles dont celui de faire tomber la pluie. C'était un grand jour, tout le monde participait.
La journée s'annonça magnifique, un petit vent du Sud s'était invité le matin ramenant la chaleur d'en face, c'est à dire l'Algérie et le Maroc confondus.
Le ciel était d'un bleu serein, sans un nuage, et à dix heures les villageois s'empressèrent de rejoindre l'église où le Saint, amateur de chapelles obscures, allait faire sa promenade annuelle en plein cagnard, il tombait une de ces lunes à faire rougir le crâne d'un chauve !
La procession sortit par l'immense porte de bois et Saint Quinis fut éclaboussé de lumière à défaut d'eau même bénite. On eut pu croire qu'il allait être accueilli par des signes de croix, des prières et des génuflexions.
Mais non, même les grenouilles de bénitiers, en manque d'eau, furent prises de la même ire et le pauvre saint vit s'abattre sur sa représentation richement vêtue une avalanche de mécontentements, histoire de le réveiller. On entendit des "Bouge-toi !", "Arrête de dormir !", "Allez fainéant, va faire pleuvoir !". Pour bien lui faire comprendre, le curé demanda à ce qu'on le mette dans la fontaine où résidait encore une larme d'eau.
On lui trempa les pieds et il ressortit tout dégoulinant, ce qui fit rire comme une baleine l'enfant de cœur qui portait la croix où le Christ, pris de soubresauts, sembla lui-aussi agité de fou-rire.
A midi, le saint avait fini son tour et regagne son alcôve désormais tranquille jusqu'à l'année suivante. Le soleil dehors donnait à plein et chacun regagna son foyer, on y avait préparé le civet de lièvre pour le repas et le curé
y était invité, c'était la coutume.
Au moment du verre de garlaban, on entendit une déflagration brutale précédée de l'illumination d'un ciel qui s'était couvert. Dans la minute suivante il pleuvait des capelans et des belles mères.
Le curé posa son verre, se signa et dit : "Deo Gratias".

 

 

 


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